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Rapport d’Amnesty : "Comment l’état français fabrique la précarité des travailleurs étrangers"

dimanche 7 juin 2026

Rubrique : DONNÉES ET ANALYSES

Amnesty International France a publié le 4 novembre 2025 un rapport très documenté, titré :

Comment l’état français fabrique la précarité des travailleurs étrangers

https://www.amnesty.fr/actualites/rapport-comment-l-etat-francais-fabrique-la-precarite-des-travailleurs-etrangers/

En voici le préambule :

Elles s’occupent des enfants, accompagnent les aînés, concoctent les plats des restaurants, construisent les maisons, bâtissent leur vie aussi. Des personnes d’origine étrangère vivent en France depuis des années, et pourtant, du jour au lendemain, leur vie peut basculer : plus de travail, plus de droits, plus de sécurité. En cause : un titre de séjour précaire. Cette bascule n’a rien d’un accident : elle est le produit d’un système dysfonctionnel orchestré par l’État français. Notre rapport dévoile les rouages d’une machinerie qui fabrique l’irrégularité et brise des vies.

Ce préambule est suivi d’une présentation de la nature de ce travail copiée ici en fin de cet article


Les témoignages sur lesquels est bâti ce rapport sont précédés par une analyse des "mécanismes" en jeu pour créer la précarité :

Mécanisme 1 : des lois toujours plus restrictives

Mécanisme 2  : des cartes de séjours plus courtes, pour une précarité durable

Mécanisme 3  : le mur du numérique



Et voici la conclusion :

Après un an et demi d’enquête, la place est aujourd’hui à l’action. Pour que ces personnes puissent sortir d’un cycle sans fin de précarité, il faut réformer le système en cours avec une loi plus protectrice des droits, qui stabilise le droit au séjour et qui facilite la vie des personnes concernées, et simplifie le travail des préfectures et des employeurs. Pour cela, nous détaillons plusieurs solutions dans notre rapport. Parmi elles, en voici une simple, claire, qui peut être mise en place rapidement  :

➡️Créer un titre de travail unique pour le travail et de 4 ans minimum

Ces personnes sont nos collègues, nos voisins, les aides à domicile des aînées, les nounous des nouveaux nés, nos voisines de palier… ce sont elles, qui du jour au lendemain, peuvent basculer dans l’irrégularité, perdre leur emploi à cause d’un système qui dysfonctionne. Parce qu’elles ont eu le courage de nous parler, c’est à nous de continuer de porter leur voix. Parce-que réformer le système est possible, agissez à nos côtés pour améliorer les droits des travailleur.euses étranger.es


Présentation du travail :


Vous ne lirez pas ces témoignages ailleurs. Il nous a fallu un an et demi d’enquête pour recueillir la parole de 27 hommes et femmes venus de 16 pays, qui vivent et travaillent en France depuis des années. Des récits rares, de personnes qui n’ont déjà pas le temps de vivre.

Du jour au lendemain, leur vie a basculé dans l’irrégularité : leur demande de renouvellement a bien été déposée, mais la carte n’est pas arrivée à temps. Privées de papiers, elles ont tout perdu : emplois, revenus, parfois logements. Et leur quotidien était déjà fait d’abus, entre salaires impayés, menaces et injures racistes. Parce que leur renouvellement dépend aussi de leur employeur, cette dépendance les rend vulnérables à l’exploitation.

Dans ce quotidien morcelé, elles nous ont quand même accordé un peu de leur temps. Si elles ont accepté de témoigner, c’est pour que leurs voix soient enfin entendues. Car vivant dans la crainte permanente, elles n’osent pas parler. Plusieurs d’entre elles souhaitaient témoigner à visage découvert. Or, ce choix les aurait exposées à trop de risques. Alors elles ont préféré garder l’anonymat.

Notre rapport donne à voir leur vie invisible mais bien réelle, brisée par les dysfonctionnements du système : Madou, femme de chambre sous pression depuis 30 ans ; Nadia, aide à domicile en France depuis 23 ans ; Jean-Louis, surdiplômé contraint d’accepter des emplois précaires où il est exploité… leur précarité n’a rien d’un hasard : elle est entretenue par l’État, qui fabrique l’irrégularité.


Des "recommandations" plus complètes issues de ce travail ont été publiées ultérieurement par Amnesty International France. On les trouve en conclusion du document

https://www.amnesty.fr/wp-.content/uploads/2026/06/Briefing_Amnesty_titres_de_sejour_sante_mentale_travailleurs_etrangers_France.pdf