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AOC 19 mai 2026 Comment la disqualification de l’antiracisme légitime le racisme

vendredi 22 mai 2026

Rubrique : DONNÉES ET ANALYSES

Le 19 mai 2026, la revue en ligne AOC (Analyse Opinion Critique) publie un article du politiste Alain Policar titré

Comment la disqualification de l’antiracisme légitime le racisme

Ci-joint et (pour les abonnés) :
https://aoc.media/analyse/2026/05/19/comment-la-disqualification-de-lantiracisme-legitime-le-racisme/

En voici le chapeau :

Peut-on, dans une revue académique, nier l’existence du racisme avec l’aplomb de celui qui refuse la doxa ? Le numéro « Race, racisme, racialisme » de Cités le tente en privant le concept de toute portée théorique, en ridiculisant ses victimes et en faisant de l’antiracisme un instrument de guerre sociale. Un confusionnisme savant qui, loin d’être anodin, s’inscrit dans un moment politique précis

le début :

Dans son premier numéro de l’année, intitulé « Race, racisme, racialisme », la revue Cités (dirigée par Yves Charles Zarka) entreprend, sous une apparence savante, de légitimer le racisme par la disqualification généralisée de l’antiracisme. Nous nous limiterons ici à résumer les principales « thèses » défendues dans quatre contributions paradigmatiques.

Le maître d’œuvre de ce projet, Pierre-André Taguieff, passe, pour celles et ceux qui ont eu connaissance de ses travaux du siècle précédent (et qui, depuis, auraient négligé de le lire), pour un auteur engagé dans le combat antiraciste alors que, depuis plusieurs décennies désormais, il ne cesse de jeter le discrédit sur celui-ci, notamment en privant de toute portée théorique le concept même de racisme.

et la conclusion :

En affirmant la nécessité de causes communes, nous ne faisons que reprendre le constat établi par Fanon en 1952 dans Peau noire, masques blancs et que résume la phrase célèbre suivante : « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Fanon établit un lien direct entre les différentes formes de racisme, affirmant que la haine des Juif.ves et celle des Noir.es procèdent de la même logique d’exclusion et de déni d’humanité. Pour lui, « un antisémite est forcément négrophobe », car le racisme, sous toutes ses formes, vise à nier la dignité de l’autre et à fragmenter la société. Cette analyse invite à penser les luttes antiracistes de manière solidaire et indissociable. Le moins que l’on puisse dire est que ce souci n’est pas partagé par les concepteurs du numéro de Cités.