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NOTES DE LECTURE . Un massacre en Kabylie, Algérie, 1956. S. Kessas et F. Riceputi
mardi 26 mai 2026
Rubrique : DONNÉES ET ANALYSES
Notes de lecture par Jean-Pierre Raoult (secrétaire du comité local du MRAP de Nanterre)
Un massacre en Kabylie, Algérie, 1956 .
Ouvrage de Safia Kessas et Fabrice Riceputi
Editions La découverte, mai 2026
La préface à cet ouvrage est rédigée par Edwy Plenel. Elle figure aussi sous forme d’un article sur le site Histoire coloniale et postcoloniale sous le titre Il y a 70 ans un Oradour-sur-Glane en Algérie :
https://histoirecoloniale.net/il-y-a-70-ans-un-oradour-sur-glane-en-algerie-par-edwy-plenel/
Je connais et estime beaucoup l’oeuvre de Fabrice Riceputi, avec qui j’ai en commun l’appartenance à l’Association Josette et Maurice Audin.
J’ai en particulier suivi avec intérêt son travail documentaire, en commun avec Malika Rahal, 1000 autres, consultable par :
et dont la présentation est reproduite en fin de cet article.
Comme il apparaît dans la note de quatrième de couverture (reproduite dans la pièce attachée), Sofia Kessas, journaliste et réalisatrice, et Fabrice Riceputi, historien spécialiste de la guerre d’Algérie, se sont associés pour la réalisation de l’enquête, passionnante et émouvante, à la source de cet ouvrage, enquête portant à la fois sur les archives françaises, notamment militaires, qui souffrent de l’omerta qui a prévalu s’agissant des actes les plus répréhensibles, et sur les souvenirs des témoins, directs (mais ils sont aujourd’hui peu nombreux et très âgés) ou indirects, à travers la mémoire collective qui se maintient dans la région de la vallée de la Soummam où s’est déroulée, le 23 mai 1956, l’exécution de 75 villageois accompagnée de sévices multiples, notamment sur les femmes.
Ce livre mérite d’être lu intégralement, pour la richesse et la précision de l’éclairage qu’il apporte sur un évènement emblématique des horreurs multiples commises par la France en Algérie. Il vaut aussi par les enseignements qu’on peut en tirer sur l’actualité. Nous reproduisons ici une phrase qui figure dans l’extrait (pages 136 et 137) que nous donnons dans la pièce jointe à cet article :
Ce que nous ont raconté des témoins en Kabylie, d’autres populations le subissent encore, sous d’autres formes et sous d’autres cieux, en ce moment même.
Présentation du site 1000 autres.com
En 1957, durant la « Bataille d’Alger » dite aussi grande répression d’Alger, des milliers d’hommes et de femmes ont été kidnappés par les parachutistes français dirigés par le général Massu, sur ordre du gouvernement français. Ils ont le plus souvent été torturés. Beaucoup ont purement et simplement disparu. Certains de ces tortures et assassinats firent scandale en France dès 1957 (Ali Boumendjel, Maurice Audin, Larbi Ben M’hidi ou Henri Alleg et Djamila Bouhired qui ont survécu…). Mais des milliers d’autres visèrent des Algérois et Algéroises ordinaires, dont la torture et la disparition n’eurent aucun écho au-delà de leurs parents, de leurs proches et des cercles militants. C’est pourquoi ni leurs noms ni leur nombre, aujourd’hui encore, ne sont connus publiquement. C’est pourquoi ce site se nomme 1000autres.
A partir d’une liste (très incomplète) de personnes prises par l’armée et recherchées par leurs familles en 1957, retrouvée dans les archives françaises, nous lançons ici un appel à témoignage pour identifier tous ceux qui, à Alger en 1957, ont été enlevés par les parachutistes, qu’ils aient ou non survécu. Nous collectons aussi tous les documents et photos que les familles voudront bien partager avec nous, pour faire connaître et reconnaître l’histoire de ces disparus réduits à l’anonymat. Merci à celles et ceux qui pourront nous aider et merci de faire circuler cet appel le plus largement possible.
Malika Rahal et Fabrice Riceputi, historiens.
