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Le Monde 11 mai 2025 Tribune visant l’Observatoire de l’Immigration et de la Démographie

lundi 18 mai 2026

Rubrique : DONNÉES ET ANALYSES

Le Monde a publié le 11 mai (date de mise en ligne sur le site numérique du journal) une tribune titrée :

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie pratique une sélection biaisée des données pour nourrir un discours alarmiste

Ci-jointe et (pour les abonnés) ;

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/11/sous-le-couvert-de-l-objectivite-l-observatoire-de-l-immigration-et-de-la-demographie-pratique-une-selection-biaisee-des-donnees-pour-nourrir-un-discours-alarmiste_6688115_3232.html

La liste des signataires comporte (à la date du 18 mai) près de 400 noms, parmi lesquels le démographe François Héran, professeir au Collège de France, ex directeur de l’INED (Institut National d’Études Démographiques)

Dans l’édition papier, datée du 12 mai, cette contribution a pour titre :

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie échappe aux exigences de transparence et d’évaluation par les pairs

Avant de présenter cette tribune, il est bon de rappeler ce qu’est cet "Observatoire de l’immigration et de la démographie" . Nous reproduisons ici la notice le concernant sur Wikipedia :


L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une association régie par la loi de 1901 créée en 2020 et un laboratoire d’idées français dirigé par Nicolas Pouvreau-Monti et financé par le fonds Périclès de Pierre-Édouard Stérin.

Absent de la sphère académique mais très présent dans les médias, l’OID est parfois décrit comme une source de référence de statistiques publiques sur l’immigration. L’organisme affiche ses positions en faveur d’une diminution de l’immigration et d’une augmentation de la natalité.

Si les études de l’organisme sont souvent reprises dans le débat public et dans les travaux de la droite parlementaire, plusieurs médias soulignent une vision alarmiste de l’immigration partagée par l’extrême droite. Aussi, des journalistes, chercheurs et démographes ont dénoncé des biais de méthodologie et d’interprétations dans ses publications.

Dans ces conditions, il n’y a pas lieu d’être étonné par la teneur très critique de la tribune le visant, dont voici :

le chapeau

Un collectif d’universitaires spécialistes des migrations alerte, dans une tribune au « Monde », sur les méthodes de l’OID qui leur semblent relever d’un projet politique bien davantage que d’une analyse scientifique.

le début

Nous, chercheuses et chercheurs spécialistes des questions migratoires, membres de l’Institut Convergences Migrations-CNRS (ICM), acteurs du monde académique, tenons à alerter sur les dangers d’une instrumentalisation croissante de la science à des fins idéologiques. Sur un sujet aussi sensible politiquement que celui des migrations, la vigilance s’impose.

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), dont le directeur Nicolas Pouvreau-Monti publie "Immigration : mythes et réalités" [Fayard, 288 pages, 21,90 euros], se présente comme un acteur « rationnel et dépassionné », revendiquant « rigueur scientifique et indépendance politique ».

Pourtant, son site Web révèle une stratégie de flou délibéré : nulle part n’y sont précisés sa méthodologie, ses critères de validation ni ses orientations politiques, pourtant partisanes. Son conseil scientifique ne compte aucun chercheur en poste en sciences sociales ou en démographie. On y trouve surtout des hauts fonctionnaires, d’anciens diplomates et des essayistes, dont les compétences relèvent davantage de l’action publique que de la recherche. Cette ambiguïté n’est pas anodine : en évitant de se revendiquer explicitement comme « scientifique », l’OID échappe aux exigences de transparence et d’évaluation par les pairs, tout en empruntant les codes de la science (chiffres, graphiques, références aux institutions statistiques) pour légitimer ses prises de position.

Sous le couvert de l’objectivité, l’OID pratique une sélection biaisée des données – privilégiant les chiffres absolus aux proportions, isolant des tendances sans contexte historique ou comparatif –, une interprétation orientée des statistiques – omettant les nuances, exagérant les ordres de grandeur – et une généralisation abusive de cas particuliers pour nourrir un récit alarmiste.

et la conclusion

En réponse à ceux qui, sous le couvert de l’objectivité, cherchent à imposer des contre-vérités au service d’un agenda politique, nous réaffirmons notre attachement à une recherche indépendante, critique et engagée pour le bien commun. Nous appelons l’ensemble de la communauté académique – et, au-delà, tous les citoyens attachés à la raison – à résister à l’instrumentalisation par des pseudo-scientifiques et à défendre les espaces où le savoir peut s’élaborer librement, sous l’évaluation continue des pairs et à l’abri des pressions idéologiques. La démocratie a besoin de faits, pas de fictions.