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Autour de l’affaire du concert de Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet : réflexions sur l‘emballement médiatique
mercredi 19 août 2026
Rubrique : DONNÉES ETANALYSES
Autour de l’affaire du concert de Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet : réflexions sur l‘emballement médiatique
Ce texte fait suite à un article mis en ligne le 13 août sur le site internet du comité local du MRAP de Nanterre, titré
Autour de l’affaire du concert de Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet : réflexions sur le boycott :
Il porte sur un autre aspect de cet évènement, qui est l’emballement médiatique qu’il a suscité et qui mérite notre attention car il est caractéristique d’un climat malsain qui ne fera sans doute que s’aggraver encore à l’approche de la campagne pour l’élection présidentielle en avril 2027.
Nombre d’articles, déclarations et communiqués émis à cette occasion ont comporté des exagérations, et même des contre-vérités, sur la violence de l’évènement, se focalisant particulièrement sur le rôle de LFI -Isère, qui avait appelé au boycott mais n‘a eu aucune part à des agressions.
A partir du fait que les opposants au concert se référaient, dans leurs tracts avant le concert et dans leurs déclarations à l’ouverture de celui-ci, à leur soutien de la cause palestinienne, de nombreux commentaires, en particulier émanant de politiciens de l’extrême-droite, de la droite et du centre, ont assimilé les protestations contre la présence de Barbara Butch à de l’antisémitisme. Cette accusation d’antisémitisme s’appuie notamment sur un tract, avec le slogan « Les soutiens aux génocidaires n’ont pas leur place à Grenoble », distribué par les élus LFI-Grenoble. On y voit Barbara Butch, recouverte de taches de sang, devant un drapeau LGBT+ avec une étoile de David. Il se trouve que ce drapeau est celui utilisé lors des gay-prides à Tel-Aviv. Certains des initiateurs de ce tract hautement contestable ont exprimé ensuite leur regret. Consulté, un avocat de la municipalité de Grenoble a indiqué qu’il n’y avait pas là matière à intenter une action pour antisémitisme.
Le site « Arrêt sur images » s’est attaché à rétablir la vérité des faits et les mécanismes de leur distorsion dans un dossier en trois volets (attention : les liens donnés ici risquent de ne pas être pérennes, mais les copies en fichier word sont trop lourdes, en raison de nombreuses illustrations, pour être admises en pièces attachées : si besoin un nouvel envoi sera fait en les tronçonnant) :
26 juillet : CONCERT INTERROMPU DE BARBARA BUTCH : UN EMBALLEMENT MEDIATIQUE HORS NORME
29 juillet : CONCERT INTERROMPU DE BARBARA BUTCH : LES ANGLES MORTS DU RECIT MEDIATIQUE
3 août : CONCERT INTERROMPU DE BARBARA BUTCH : LA PAROLE AUX PERSONNES PRÉSENTES
Voici le préambule de ce dossier :
C’est un emballement médiatique qui cristallise quelques-uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l’antisémitisme et la liberté d’expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s’est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique toute la semaine suivante. ASI s’est penché en détail sur le traitement médiatique de cette "affaire", et s’est entretenu avec plus d’une vingtaine de personnes qui étaient présentes ce soir-là. Parmi eux, des militants, des journalistes, ou des spectateurs. Dans une première partie nous analyserons l’emballement médiatique hors norme autour de cette soirée. Puis dans une seconde, les biais et angles morts de ce récit médiatique. Avant de donner la parole, dans une troisième et dernière partie à des militants et citoyens qui ont pris part à la manifestation.
La même volonté de démonter l’enchaînement qui a conduit à ce qui s’est passé à Grenoble le 18 juillet soit ensuite largement présenté avec la grille de lecture « antisémitisme » se trouve dans un article du média en ligne « Contre-attaque » :
https://contre-attaque.net/2026/07/29/barbara-butch-en-finir-avec-la-comedia-dellarte/
Une volonté de prendre du recul en situant cet évènement dans l’ensemble de la problématique du racisme en France actuellement apparaît dans le communiqué du 31 juillet de l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) qui est titré : Les actes et paroles antisémites, racistes et discriminatoires ne cessent de se produire :
https://ujre.fr/actes-et-paroles-antisemites-et-racistes.
Y est ainsi évoqué le suicide le 13 juillet, après un harcèlement au caractère anti arabe affirmé, du jeune Joris Laurencin, drame auquel le MRAP a consacré un communiqué :
Y sont aussi citées les injures adressées à Nanterre au rabbin David Naccache.
On peut regretter que ce texte de l’UJRE qui s’appuie, à juste titre, sur le rapport 2025 de la CNCDH, parle sur cette base, sans précisions, de « forte progression de l’antisémitisme dans notre pays », alors que la réalité présentée dans le rapport est plus nuancée ; ainsi on y lit que les actes antisémites recensés par le ministère de l’intérieur, après une explosion sitôt après le 7 octobre 2023, n’ont cessé depuis lors de décroître, tous en restant certes à un niveau très supérieur à celui des 2022.
A l’opposé de ces prises de position qui veulent raison garder, on trouve le communiqué outrancier du « Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes » (RAAR), titré « Agression antisémite contre Barbara Butch à Grenoble » :
https://raar.info/wp-content/uploads/2026/07/soutien_Barbara_Butch_Grenoble_V3_2026_07_21.pdf
En voici le préambule, qui donne le ton de ce communiqué :
La violente agression commise contre le concert de Barbara Butch à Grenoble samedi 18 juillet 2026 constitue un nouveau scandale de la haine antisémite. Prenant prétexte du soutien de Barbara Butch en faveur de la proposition de loi Yadan (soutien qu’elle a retiré par la suite et expliqué en raison de l’antisémitisme qu’elle subissait), les responsables locaux de LFI se sont livrés à un lynchage par voie d’affiches ignobles avant de mener une opération commando le soir de la représentation...
Après un paroxysme dans la chaleur de cet été 2026, les polémiques autour de cette « affaire du concert de Barbara Butch » vont retomber, avec la rentrée pour une année 2026-2027 pleine, dans notre pays, de dangers pour les causes que défend le MRAP. Mais elle doit rester comme un signal d’alarme face aux outrances, voire aux malhonnêtetés, auxquelles nous allons être confrontés.
