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Autour de l’affaire du concert de Barbara Burch le 18 juillet à Grenoble : réflexions sur le boycott
jeudi 13 août 2026
Rubrique : DONNÉES ET ANALYSES
Le 18 juillet, à Grenoble, un concert donné par Barbara Butch a été interrompu au bout de quelques minutes. Cet évènement avait été précédé depuis plusieurs jours d’appels au boycott, émanant notamment de l’instance locale de LFI. Dès son ouverture il a fait l’objet de manifestations violentes de personnes proclamant leur soutien au peuple palestinien. Le principal motif de ces protestations était la signature que Barbara Butch avait donnée à un texte soutenant la « proposition de loi Dayan », signature qu’elle avait ensuite dit regretter.
Ceci a donné lieu à une exploitation intense dans les médias et à de nombreuses prises de position et analyses, certaines instrumentalisant cet épisode, mais d’autres débouchant sur des réflexions sérieuses sur la liberté d’expression et sur le boycott culturel.
À ce titre, quatre documents figurent dans cet article.
1. Article dans L’Humanité le 20 juillet 2026, titré : Concert de Barbara Butch interrompu à Grenoble : nouvelles frictions à gauche et instrumentalisations à droite
Ci-attaché et (pour les abonnés) :
Il s’agit d’une description détaillée des différentes facettes de l’évènement.
2. Article dans L’Humanité le 28 juillet 2026, titré : Barbara Butch, Amir… Pourquoi le boycott culturel divise la gauche
Ci-attaché et (pour les abonnés) :
En voici un passage clef :
« Le boycott culturel est l’action la plus difficile à pratiquer, observe Juliette Simon, militante de BDS France. D’abord parce qu’elle doit respecter plusieurs règles strictes émises par le BNC (organe de coordination palestinien). Par exemple, l’appel ne doit pas viser des individus, mais des institutions culturelles israéliennes ou ses complices dans le système d’occupation, comme des fonds de pension par exemple. »
De plus, la sélection des « cibles des boycotts est très importante », indique Anne Tuaillon, présidente de l’association France Palestine Solidarité (AFPS). En effet, ce choix doit impérativement « pouvoir être compris » par l’opinion publique pour éveiller les consciences, détaille-t-elle, et ainsi être à même de « rassembler sans polariser davantage les débats ». Enfin, ajoute-t-elle, aucune action n’est menée sans qu’un travail de documentation conséquent ne soit effectué pour prouver les liens entre l’objet du boycott et les faits reprochés.
Pour BDS, la liste des victoires obtenue grâce à ce mode opératoire est longue : le retrait de Veolia du marché israélien, l’annulation de la participation d’entreprises israéliennes au salon de l’armement de Villepinte, ou le non-renouvellement du partenariat entre le Mucem de Marseille et une entreprise accusée de complicité avec la colonisation.
3. Dans Libération le 29 juillet 2026, tribune du collectif Juives et Juifs pour le respect des droits du peuple palestinien titrée : Affaire Barbara Butch : ne doivent être boycottés que ceux qui soutiennent la politique raciste et colonialiste israélienne
Ci-attachée ou, sur le site du collectif :
https://juivesjuifspourpalestine.org/barbara-butch/
En voici le préambule :
Le collectif Juives et Juifs pour le respect des droits du peuple palestinien condamne l’action de LFI à Grenoble contre la DJ tout en défendant des actions ciblant, partout dans le monde, les défenseurs du gouvernement Nétanyahou.
Disons-le tout net, pour nous, ce qu’a subi Barbara Butch est inacceptable et les arguments pour le justifier sont fallacieux. Outre que Barbara Butch est la cible de l’extrême droite antisémite et homophobe, elle est revenue elle-même le 23 mai 2026 sur France 24 sur sa signature d’une tribune soutenant la loi Yadan : « J’ai signé une tribune, je n’aurais pas dû le faire. On a tous le droit à l’erreur. » Que le représentant local de LFI balaie cette position d’un revers de main est le signe d’un aveuglement politique inquiétant : les individus n’auraient donc pour eux aucune possibilité de changer de position et resteraient marqués à vie pour une déclaration conjoncturelle. Que des personnes censées être de gauche puissent produire à cette occasion un tract reprenant des tropes homophobes et antisémites est alarmant. La direction de LFI devrait s’interroger sur les raisons qui ont permis qu’une telle dérive puisse voir le jour.
Juives et Juifs pour le soutien au peuple palestinien, nous sommes d’autant plus scandalisés par une telle affaire qu’elle permet aux zélateurs de la politique israélienne de reprendre l’offensive en essayant une fois de plus d’assimiler antisionisme et antisémitisme et de délégitimer la politique de boycott de l’Etat d’Israël. Il nous faut donc clarifier un certain nombre de points.
Et la conclusion :
La lutte du peuple palestinien pour ses droits nationaux doit aller de pair avec la lutte à l’intérieur même d’Israël pour l’égalité des droits et pour une démocratie effective.
Juives et juifs pour les droits du peuple palestinien, vivant en France, nous sommes solidaires de ces deux combats.
4. Communiqué du comité local du MRAP de l’Yonne
Quelques jours après l’évènement grenoblois le comité local du MRAP de l’Yonne s’est trouvé confronté à l’annonce d’une prestation de Barbara Butch dans ce département, le 25 juillet, au « Hameau festival de Saint-Martin-du-Tertre ».
Localement, LFI avait appelé au boycott.
Ci-attaché le communiqué du comité local dont voici la conclusion :
Dialoguer, informer pour convaincre est et reste, plus que jamais notre stratégie. Le boycott de Barbara Butch nous semble dans le contexte actuel, contre-productif et inadapté.
