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Sociologie de la race (AOC 30 août 2020)

mercredi 31 août 2022

Rubrique : Données et analyses

Un article publié dans AOC le 30 août 2022
La sociologie de la race n’est pas une importation états-unienne
par Solène Brun et Claire Cosquer
sociologues, chercheuses à l’Institut Convergence Migrations (dirigé par François Héran)
auteures de l’ouvrage Sociologie de la race (Armand Colin, 2022)

https://aoc.media/analyse/2022/08/29/la-sociologie-de-la-race-nest-pas-une-importation-etats-unienne/
(pour les abonnés)
et ci-attaché

En voici la conclusion :

Les récents anathèmes lancés contre les études parfois dites « décoloniales » ou « intersectionnelles » dans les universités françaises, qui visent assez indifféremment tous travaux qui mobilisent le concept de race dans une perspective critique, semblent eux-mêmes s’inspirer des États-Unis. Depuis quelques années en effet, les attaques se multiplient, outre-Atlantique, contre la critical race theory, c’est-à-dire le champ d’études critiques sur la race en sciences sociales. Dans certains États, des lois sont votées pour empêcher les écoles de reprendre les concepts de ce corpus de recherche et pour limiter les enseignements sur le racisme et les discriminations. Ces lois interdisent de fait l’appréhension du racisme comme un système de pouvoir mettant en jeu des groupes privilégiés, ou dominants, et des groupes défavorisés, ou dominés. Plus généralement, les attaques visent explicitement la perspective antiraciste et les enseignements d’une histoire critique des États-Unis. À titre d’exemple, fin juin 2022, une proposition était étudiée au Texas pour remplacer le terme « esclavage » dans les manuels scolaires par l’expression « délocalisation involontaire » (involuntary relocation).
Les circulations et influences réciproques ne sont pas toujours (uniquement) là où on le croit.

Pendant qu’en France, on déplore l’« américanisation » de nos universités et de nos travaux de recherche, les États-Unis s’attaquent eux aussi aux travaux critiques sur la race et le genre, en déployant des efforts de censure qui, s’ils n’ont heureusement pas encore d’équivalent dans notre pays, devraient nous inviter à nous questionner sur quelles importations sont le plus à craindre pour la liberté académique et la production des savoirs critiques.